Ambition et burn-out: comment j’ai commencé à m’accepter

shane-rounce-209731-unsplash.jpgAdolescente, je me suis juré de parvenir à dépasser qui j’avais été jusqu’alors: une timide maladive, très peu sure de moi. Jusqu’à mes 32 ans, je me suis démenée pour devenir sociable, confiante, reconnue, intégrée, affirmée. Je voulais leur prouver, à tous, qu’ils avaient tort, que j’étais capable.

J’ai atteint le summum du challenge personnel en accédant à un poste dans le milieu associatif: coordinatrice, animatrice, formatrice, responsable d’équipes. Un métier qui me faisait rêver depuis longtemps. Moi qui n’arrivais pas à aligner 3 mots devant plus de 4 personnes lors d’un repas, qui n’osais pas prendre le bus quand il y avait trop de monde, j’avais alors à faire des discours devant plus d’une centaine de personnes.

Je m’efforçais d’être fière de moi, mais après ces horribles prises de micro main tremblante, je rentrais chez moi dévastée, vidée de toutes mes forces, seule face à une chose: ma honte que des personnes aient pu avoir vu mon malaise. Mes ambitions me dépassaient et j’étais encore trop fière pour me l’avouer.

Enfin affublée de l’étiquette professionnelle que j’avais tant admirée, sont arrivés les crises d’angoisse, les problèmes de santé, les périodes récurrentes de dépression, un sentiment d’imposture, un dégoût de moi croissant et une fatigue immense face à la vie. J’avais tout fait pour m’accomplir, j’étais sortie loin de ma zone de confort, et pourtant, je n’étais pas heureuse, je n’étais pas devenue libre, mes démons étaient toujours là et semblaient même avoir grandi, s’être multipliés. Avais-je fait tout ça pour rien? M’étais-je à ce point fourvoyée? Tous ces efforts pour revenir à la case départ? N’arriverais-je donc jamais à être en paix ?

« Ne te fais pas si petite, tu n’es pas si grande » m’a dit un jour un formateur à la prise de parole en public. Comme il a vu juste ce jour là…! Une phrase à méditer aussi dans l’autre sens: « ne te fais pas si grande, tu n’es pas si petite »…

Ma santé m’a poussée à quitter mon travail, et un voyage difficile s’est présenté: le chômage, la vie à la campagne, la solitude. Il m’a fallu du temps et du courage pour oser me regarder en face sans m’étouffer. Il m’a fallu l’amour têtu de mes proches pour garder la tête haute quand je me plaisais à couler enchaînée à une tonne de pierre. J’ai appris le silence, l’inaction, la respiration. Je me suis vue en Don Quichotte, courant après des moulins à vent, battant des bras désespérément pour combattre une force impossible: moi.

Cette démission que j’ai vécue pendant des mois comme un terrible échec était en fait une porte ouverte. J’allais devoir apprendre à arrêter de chercher à représenter un idéal aux yeux des autres et de mon égo. En opposition à la petite voix qui me détruisait depuis toujours, une toute petite voix, plus sereine, plus profonde, a pris la parole petit à petit. Avec douceur elle m’a dit « c’est bon, je voudrais que tu Vives maintenant. » Elle m’a demandé ce que j’aimais dans la vie et qui j’étais.

Une question tellement différente de « qui aimerais-tu être » que je n’ai pas su lui répondre, ça m’a effrayée. Mais pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie de m’accorder le droit d’y réfléchir.

En regardant en arrière je m’applique à être soulagée de ce que j’ai accompli, je peux dire que je l’ai fait, j’ai essayé. Mais maintenant ça suffit , il est temps de vivre avec qui je suis, oui:

 

Il est temps de vivre.

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